Coutumes et croyances en Sarthe

pierre dite de Saint-Julien au Mans, lithographie de Engelmann d’après un dessin de Jorand, 1829 (Archives départementales de la Sarthe, 2 Fi 834.jpg

Publication du jeudi 30 décembre 2021

L’érudit et historien Paul Cordonnier (1896-1980) écrit dans un de ses nombreux articles : « j’aime les légendes, et les crois toutes vraies ». Découvrez quelques légendes et croyances à travers un ensemble de documents conservés aux Archives départementales de la Sarthe.

 

Visuel : Pierre dite de Saint-Julien au Mans, lithographie de Engelmann d’après un dessin de Jorand, 1829 (Archives départementales de la Sarthe, 2 Fi 834)

 

La pierre Saint-Julien, érigée au flanc ouest de la cathédrale du Mans depuis 1778, est un menhir préhistorique en grès rose haut de 4,55 mètres. Sous l’apparence d’une dame drapée, la pierre aurait le pouvoir de rendre fécondes les femmes qui poseraient leur pouce sur son nombril.  

Quels que soient le nom qu’on leur donne et le degré de vraisemblance qui les entoure, les coutumes, légendes et croyances populaires ont en commun le pouvoir de passer les siècles et de nous enchanter. Tout territoire connaît son folklore, ses histoires colportées par la tradition orale ou relatées dans des livres.

 


Visuel : Superstition, vengeance et sacrilège, gravure de Thompson d’après Jacques-Joseph Lecurieux, [XIXe s.] (Archives départementales de la Sarthe, 3 Fi 268) 

La représentation traditionnelle de la sorcière, telle qu’elle apparaît dans les contes, souvent accompagnée par un familier, animal qui l’assiste dans ses méfaits. Il s’agit ici d’un crapaud. Un prêtre à ses côtés, Bible en main, tente de l’exorciser par un geste destiné à chasser le démon. 

Au Moyen Age, la répression contre la sorcellerie a été exercée par l’Eglise, avant de céder la place au XVe siècle aux chambres ardentes, juridictions laïques. De grands procès ont eu lieu, notamment ceux de Gilles de Rais (1405-1440) et d’Urbain Grandier (1590-1634).


Visuel : Georges Soreau, Marc Langlais, Légendes et contes du Maine, Paris, Henri Gautier, 1898 (Archives départementales de la Sarthe, BIB N 183) 

Un recueil de contes et légendes du Maine, territoire fertile en histoires merveilleuses. Les deux auteurs précisent au lecteur : « nous ne sommes que les reproducteurs sincères des jolies légendes de notre non moins jolie province du Maine ».  La table des matières du recueil regorge de titres où se succèdent tours et fontaines, fées et sorcières.

Voici une légende intitulée « La sorcière blessée ». Elle se déroule à Assé-le-Riboul : « On prenait Jeannette Leloup pour une jeteuse de sorts. Son sac, disaient les gens, est fin rempli de maléfices ; pardine, c’est une sorcière ! […] C’était le Croquemitaine de la commune. Si tu n’es pas sage, disaient les mamans, nous dirons à Jeannette Leloup de t’emporter ». 


Visuel : René Baret, « Superstitions et dictons du Maine », article extrait de La vie mancelle et sarthoise, n°49, octobre 1964 (Archives départementales de la Sarthe, PER 1140, n°49)

Directeur de la Dépêche du Maine, co-fondateur de La vie mancelle et sarthoise, passionné d’art et d’histoire, le chanoine et historien René Baret (1905-1987) s’est aussi intéressé, à l’instar de Paul Cordonnier, aux légendes sarthoises.

Dans un article consacré aux superstitions, René Baret écrit que « sur la route d’Aubigné au Lude [entre la gare et le château des Hunes], vers les années 1880, à la tombée de la nuit, les promeneurs rencontraient assez souvent une noce défilant en des carrosses merveilleux, les chevaux avaient des harnais brillants […] Lorsque vous vous détourniez pour contempler encore une fois ce spectacle, il n’y avait plus rien ».


Visuel : portrait de François Trouillac, gravure extraite du Magasin Pittoresque, Paris, décembre 1841 (Archives départementales de la Sarthe, 4 Fi 315). 

Surnommé « l’homme cornu du Maine », François Trouillac vivait parmi un groupe de charbonniers, lorsqu’il fut découvert en 1599 au cours d’une chasse en forêt du Maine par Jean III de Beaumanoir (1551-1614), marquis de Lavardin et compagnon d’armes d’Henri IV. L’homme présentait la particularité d’avoir une corne de bélier sur la tête. Jean de Beaumanoir l’emmena à Paris afin de le montrer au roi et l’exhiber publiquement, telle une bête curieuse.

Pour retrouver plus d’informations concernant Jean III de Beaumanoir, vous pouvez consulter la publication du jeudi 18 novembre en cliquant ici.


Visuel : statuette en terre cuite « La Velue » à Tuffé, photographie, cliché Paul Cordonnier, 1945 (Archives départementales de la Sarthe, 18 J 1253)

Cette statuette représente la Velue. Il s’agit d’un monstre imaginaire revêtant la forme d’un dragon hérissé de pointes acérées dont la piqûre serait mortelle. Selon la légende, cet animal aurait survécu au déluge et vivait dans la rivière de l’Huisne. Au XVe siècle, elle terrifiait les alentours de La Ferté-Bernard, tuant les hommes comme les bêtes, provoquant dans sa colère de redoutables inondations. Elle est tuée par l’épée d’un chevalier doué d’une force extraordinaire, venu libérer sa bien-aimée des grilles de la créature.


Superstition, vengeance et sacrilège, gravure de Thompson d’après Jacques-Joseph Lecurieux, [XIXe s.] (Archives départementales de la Sarthe, 3 Fi 268).jpg Georges Soreau, Marc Langlais, Légendes et contes du Maine, Paris, Henri Gautier, 1898 (Archives départementales de la Sarthe, BIB N 183).jpg René Baret, « Superstitions et dictons du Maine », article extrait de La vie mancelle et sarthoise, n°49, octobre 1964 (Archives départementales de la Sarthe, PER 1140, n°49).jpg statuette en terre cuite « La Velue » à Tuffé, photographie, cliché Paul Cordonnier, 1945 (Archives départementales de la Sarthe, 18 J 1253).jpg