Archives départementales de la Sarthe

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La prison des archives

Les Archives départementales vue du côté ancienne prison militaire

 

Les murs de Saint-Vincent auraient pu continuer d’abriter pendant quelques décennies les archives. Mais vint le jour où l'aile gauche et le milieu de l'édifice ne suffirent plus à l'hospice départemental de vieillards, qui les occupait depuis 1924. En l'absence d'un immeuble ou d'un terrain disponible dans le centre de la ville, les Archives durent quitter dans l’urgence l'ancienne abbaye pour l'ancienne prison militaire du quartier Cavaignac, construite en 1880 et désaffectée après 1920.

 

Le transfert des Archives dans l’ancienne prison militaire se déroula du 3 février au 3 mai 1936, et 113 voyages aller et retour furent nécessaires pour déménager les 3 340 mètres linéaires de documents.

Les rayonnages occupèrent les cellules, et les bureaux (salle du public, salle de tri, bureau de l’archiviste et secrétariat) furent logés dans le bâtiment annexe situé à l’avant de la prison. La guerre chassa les archives de leur nouvel abri. En 1942, le bâtiment principal fut réquisitionné par les autorités allemandes en vue de lui rendre sa destination première, celle d’une prison. Cette mesure entraîna le départ de tous les dossiers, opération qui dura un mois de fin avril à fin mai. Les documents furent répartis entre plusieurs locaux : les bureaux restèrent rue de la Poudrière, un dépôt annexe fut aménagé chez Paul Cordonnier à Buffard sur la commune de Guécélard pour les documents les plus précieux, le château de l’Epine, route de Degré au Mans, reçut les séries anciennes et les versements de la préfecture, des ateliers situés au 11 rue de la Mariette abritèrent les versements des administrations de l’Etat et les publications locales, tandis que trois pièces du sous-sol du musée de Tessé reçurent la bibliothèque administrative et les cartes et plans.

La dernière année d’occupation fut pour les Archives, la plus agitée. En février 1944, le bâtiment principal, jusqu’alors vide ou occupé par le dépôt allemand des cartes, se remplit de prisonniers français. La promesse de respecter les bureaux ne fut pas tenue et l’ordre d’expulsion fut donné à la fin du même mois. Les bureaux furent alors transférés au musée de Tessé.

La transformation du château de l’Epine en maternité départementale en 1945 eut pour conséquence de faire évacuer de cet immeuble l’importante annexe des Archives qui l’occupait depuis trois ans. Il était difficile de trouver sans retard un nouvel abri, suffisamment vaste et sûr, que ne pouvait offrir l’ancien dépôt de la rue de la Poudrière avant sa complète remise en état. Le problème aurait semblé insoluble sans l’obligeance du général commandant le groupe des subdivisions du Mans, qui offrit quatre grandes pièces au quartier Cavaignac, et le déménagement eut lieu du 20 mars au 17 avril 1946.
En 1947 ,es Archives réintégrèrent complètement leur ancien immeuble de la rue de la Poudrière. Les résistants désignèrent alors l’ancienne prison militaire sous le nom de « prison des Archives » et firent baptiser la rue « Rue des Résistants-Internés ».

 

 

 

L'aile de 1974

Dès 1951-1952, l’archiviste Boullier de Branche (1948-1963) alertait les autorités sur la question de l’agrandissement de la « prison ». « Il faut admettre », écrivait-il, « que d’ici trois à quatre ans le dépôt sera entièrement plein ». En 1954, on posa près de 2 800 mètres de nouveaux rayonnages métalliques dans la partie centrale du bâtiment qui formèrent un épi sur trois niveaux. C’était une cautère sur une jambe de bois. L’archiviste tirait de nouveau la sonnette d’alarme en 1957. La question de l’agrandissement fut examinée lors du budget principal de 1960 : à la suite de l’acquisition faite par le département de l’abbaye de l’Epau, on songea un temps à y créer une annexe, idée vite abandonnée en raison de ses inconvénients. Une autre solution fut alors avancée : l’extension du dépôt actuel par la construction d’un bâtiment neuf sur le terrain entourant l’ancien dépôt. L’idée fut mis une première fois à l’étude en 1964 avant d’être ajournée.

L'aile de 1974 : une nouvelle préoccupation, l'accueil des lecteurs

L’accroissement exponentiel des versements administratifs de 1900 à 1963 rendait inévitable à moyen terme la construction d’un tel bâtiment. De 2 000 mètres linéaires (m.l.) en 1900, le dépôt était en effet passé à 4 000 ml en 1948, soit une vitesse d’accroissement de 40 m.l .environ par an. De 1948 à 1963, il est passé de 4.000 m.l. à 8 300 m.l. , soit une vitesse moyenne d’accroissement de 275 m.l. environ par an. Après avoir doublé une première fois en 48 ans, le dépôt a doublé à nouveau, mais cette fois en 15 ans. Mais devant un autre problème qui surgit à la fin des années 1960, on dut revoir l’articulation générale du programme d’extension pour qu’il ne réponde pas uniquement au problème de conservation.

Les nouveaux magasins :

Il fallut, il est vrai , prendre en compte un aspect de la vie des Archives que ses différents locaux ne lui avait jamais véritablement fait apparaître, celui de l’accueil du public. Les premières mentions de lecteurs venant consulter des documents aux Archives de la Sarthe remontent à 1872. Cette année-là on communiqua 93 liasses dans une salle de travail aménagée dans la galerie du premier étage. Vingt ans plus tard, en 1895, ce chiffre était passé à 295. Il était d’environ 4 000 dans les années ayant précédé la deuxième guerre mondiale. Il faut attendre les années 1960 pour avoir une idée du nombre de lecteurs : 179 en 1964-1965, 301 en 1966-1967 et 496 en 1969-1970, pour respectivement 4 700, 7 340 et 7 500 communications. C’est dire qu’en l’espace de cinq ans, le nombre de lecteurs avait pratiquement triplé, tandis que les communications augmentaient de 160 %.

En 1964, la capacité de la salle de lecture avait été portée de 6 à 10 places. Dans son rapport de 1967-1968, l’archiviste notait que 14 personnes s’entassaient parfois dans la salle de lecture, tandis que d’autres attendaient dans les couloirs. A d’autres occasions, lorsqu’un groupe d’élèves venait pour une séance de travaux pratiques, il fallait fermer la salle du public aux autres lecteurs, sinon même la leur faire évacuer. Parfois encore des lecteurs devaient être installés dans le vestibule ou les bureaux. « Il faut constater », concluait-il, « que, dans la mesure où le public, particuliers, collectivités et administrations, exige davantage des Archives, ce service ne peut trouver des conditions d’une action efficace dans les seuls locaux prévus en 1935 pour trois personnes auxquelles aucune activité à l’égard de l’extérieur n’était demandée ». Avant même l’entrée en service de l’extension, une classe mobile servant de salle de lecture avait été installée, mesure conservatoire destinée à attendre des jours meilleurs et à accueillir le flot croissant des lecteurs.

La réalisation de l’extension des Archives fut confiée à l’architecte manceau Claude Roinné, et le chantier de construction fut ouvert le 4 septembre 1972. Le bâtiment, à poteaux porteurs, revêtu de panneaux préfabriqués métalliques et placé perpendiculairement à la prison, comporte un rez-de-chaussée et cinq étages de magasins de conservation. La liaison entre l’ancien et le nouveau dépôt est assurée par l’intermédiaire d’un monte-charge à double entrée et par des escaliers. Le rez-de-chaussée de l’extension est divisé en deux parties égales de 150 m² chacune par un mur de refend nécessaire à la rigidité de l’ensemble, l’une servant de salle de tri et de bureaux administratifs, l’autre de salle de lecture. L’ensemble fut inauguré le 13 octobre 1975.

Avec la mise en service de l’extension de 1972, la capacité du dépôt passa de 9 500 à 18 900 mètres linéaires de rayonnage, le public disposait d'une salle de lecture de 144 m², et le personnel de nouveaux bureaux et locaux de travail. Les anciens bureaux furent transformées en salle de classement et salle d'expositions. En 1984 l’archiviste en chef du département, Gérard Naud, estimait qu’une nouvelle extension serait rendue nécessaire en 1993.

 

Histoire des bâtiments

3 T 14 (6).jpgbat ancien.jpgPlan de l'installation des archives dans l'ancienne prisonCouloir prison.jpgprison-lecteurs.1958-_1_132x600.jpgAile73-2.jpg1019.jpg1021.jpg

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