Archives départementales de la Sarthe

Accueil > Connaître > Petite et grande histoire des Archives > Histoire des bâtiments > Les Archives dans l'ancienne abbaye saint Vincent

Connaître


Les Archives dans l'ancienne abbaye saint Vincent

FRAD072_7FI0102_00.jpg

Quand Julien L'Hermitte (1899-1929) arriva de Tulle, la situation se résumait ainsi : 1 848 mètres linéaires de tablettes, dont 58 seulement de vides, et 30 mètres cubes de papiers en tas. « Les Archives n'ont plus de terres libres, et la banquise de l'encombrement les isole absolument du monde administratif », constatait-il. Malgré les palliatifs, L’Hermitte se démena pour que l’on renonçât enfin aux moyens de fortune.

À la recherche d’un nouveau site

« Tout développement », écrivait-il dans son rapport de 1908, « des Archives dans l’immeuble de la Préfecture sera un obstacle aux modifications que pourrait exiger le fonctionnement des commissions, des bureaux et des services, lequel aurait le meilleur emploi de tous les locaux et de certains agencements abandonnés par les Archives, la bibliothèque et le musée. L’extension sur place ne procurera un abri sûr qu’à une partie des collections ; car seuls nos deux celliers et le local du musée (sur la sécurité duquel la direction des Beaux-Arts a cependant formulé des craintes) paraissent à peu près protégés contre les risques d’incendie ». Il rejetait l’agrandissement dans les salles de la bibliothèque : situées proche des combles, délabrées, elles n’offraient pas de surcroît des conditions de sécurité suffisantes. « Quant à l’attribution des galeries du Musées aux Archives », continuait-il, « elle ne se prêterait point dans le présent, à une bonne organisation du travail et ne répondrait certainement pas dans l’avenir aux besoins du service. La longueur des rayons qui pourraient y être installés n’excéderait pas en effet 1 000 mètres. Or ce supplément suffirait sans doute à la mise en place des milliers de liasses qui, depuis quelques dix ans, surchargent dangereusement les planchers des greniers de la préfecture et des appartements privés du préfet, mais il ne saurait assurer, pour la moindre partie, la conservation des innombrables documents dont vont s’accroître les archives compte tenu des versements prescrits par les lois et circulaires des titres domaniaux, des minutes de plus de 125 ans et des documents des greffes de même date, et des archives communales antérieures à 1800 ».

Il y avait une solution que les multiples inconvénients du lieu et que les nouvelles charges du service avait fait envisager, en juin 1907 et en juin 1908, à l’inspecteur général des Archives de France, Paul Chevreux, celle du transfert des Archives dans l’abbaye Saint-Vincent, ex-grand séminaire diocésain alors vacant. Les bâtiments de cette abbaye, si l'on excepte les dépendances, parmi lesquelles le logis de l'abbé (XVe-XVIe siècles), présentaient la forme d'un H élargi, aux montants orientés vers le nord. La partie médiane et l'aile sud-est furent construites de 1685 à 1733, la façade de l'aile ouest de 1733 à 1758, l'aile nord-est en 1853 seulement. L’aile est et la moitié du rez-de-chaussée, selon les analyses de l’époque, convenaient parfaitement à un dépôt d’archives. L’aile était, dans son ensemble, solide, vaste, bien divisée et très éclairée. Dans sa partie XVIIe, elle renfermait au rez-de-chaussée de vastes salles voûtées, et sa partie XIXe comprenait quatre étages très homogènes, dont la disposition intérieure permettait une très facile transformation. Isolée du reste de l’édifice par un mur de refend d’une grande épaisseur, cette aile offrait le double avantage de la sécurité et de l’espace, puisque pouvait y être immédiatement établi un linéaire de 4 000 à 4 500 mètres, capacité qui pouvait être portée ultérieurement jusqu’à 8 000 mètres.

 

Un premier déménagement

 Le transfert des archives départementales dans l’ancien séminaire, adopté par deux fois en septembre 1908 et en avril 1909 par le conseil général, fut écarté par cette assemblée en septembre 1909 à cause des changements de modalité d’entrée en jouissance : en vertu de la loi du 12 avril 1908, l’ancienne abbaye Saint-Vincent aurait pu être attribuée gratuitement par décret au département pour un service public. Mais le gouvernement substitua à ce principe de la jouissance gratuite, mais précaire, celui de la cession onéreuse, mais définitive. Il aurait fallu que le département achetât les locaux s’il voulait y loger les Archives. Ce à quoi il se décida le 27 septembre 1910 pour la somme de 65 000 francs. Les Archives prirent possession du nouveau dépôt vers la fin de septembre 1911 et ouvrirent une entrée rue Germain-Pilon. Les travaux d’aménagement et d’installation eurent pour objet d’évider complètement le bâtiment par la démolition des cloisons et la suppression des cheminées des anciennes cellules, de procéder aux réparations les plus indispensables à la couverture, aux portes et aux fenêtres et aux aires en pavé ou en parquet, et enfin de diviser la salle des piliers du rez-de-chaussée, voûtée de belles voûtes d’arêtes et comprenant deux monumentales cheminées Louis XIV, en salles de travail. L’aile de 1851 comprenait ainsi quatre salles au rez-de-chaussée, une salle unique au premier étage ainsi qu’au deuxième étage, et l’aile Louis XIII une salle unique au premier étage, le tout représentant 2 500 mètres de tablettes. Les extensions se feraient dans les combles de l’aile de 1851 et aux second et troisième étages de l’aile Louis XIII.

 

 

Histoires des bâtiments

 

Le premier dépôt : la préfecture de la Sarthe

 

La prison des Archives  

 

Aujourd'hui

 

Histoire des bâtiments

FRAD072_7FI0113_00.jpg
Le bâtiments des Archives départementales vers  19113 T 14 (3).jpg18 J 1487.jpgFRAD072_7FI0102_00.jpgFRAD072_7FI0109_00.jpgFRAD072_7FI0137_00.jpg

Espace personnel