Les cloches

portrait d’Ernest Sylvain Bollée, lithographie, s. n., vers 1850 (Archives départementales de la Sarthe, 1 Num 20_33).jpg

Publication du jeudi 13 mai 2021

     Objets fascinants, les cloches possèdent chacune une résonnance particulière, fruit d’un subtil alliage de métaux et de savants secrets de conception.

     En voici la preuve en archives.

 

Visuel : portrait d’Ernest Sylvain Bollée, lithographie, s. n., vers 1850 (Archives départementales de la Sarthe, 1 Num 20/33).

 

Originaire de Haute-Marne, Ernest Sylvain Bollée (1814-1891) est le premier membre de la famille à s’installer dans la Sarthe, en 1842. Il établit à Sainte-Croix (commune rattachée à celle du Mans en 1855), dans le quartier Sainte-Hélène, une fonderie de cloches. Il réalise des commandes pour la cathédrale du Mans, mais aussi pour le Canada et le Japon.

Ernest Sylvain conçoit également des béliers hydrauliques, destinés à pomper l’eau du sol en utilisant la pression, des éoliennes, où l’action du vent entraîne le pompage de l’eau.

 

Visuel : Amédée Bollée père présente les cinq cloches destinées à la cathédrale Saint-Louis de France de Montréal, photographie, cliché Bollée, 1905 (Archives départementales de la Sarthe, 105 J 6216). 

 

Deuxième fils d’Ernest-Sylvain, Amédée Bollée père (1844-1917) est également inventeur et ingénieur.

Lors d’une exposition en 1905 à Montréal, Amédée Bollée père présente (diapason en main) en tant que « fondeur-constructeur au Mans » les cinq cloches destinées à la cathédrale Saint-Louis de France à Montréal, au Canada. Elles portent chacune un nom, comme c’est la tradition. De gauche à droite : Blanche de Castille, Paul, Saint Louis de France, Pie X et Marie Immaculée.

 

 Visuel : état général des cuivres et des cloches, an II, affiche, Le Mans, Pivron imprimeur (Archives départementales de la Sarthe, 8 Fi 21).

 

Cette affiche, datée du 21 mars 1794 (1er germinal an II) présente un état des cuivres et des cloches « envoyés aux fonderies & hôtels des monnoies par l’administration du district du Mans ». Il est fait mention de « différentes pièces de cuivres, provenant d’églises supprimées du Mans » et de soixante cloches provenant d’églises ou de communautés religieuses du Mans.

Durant la Terreur (1793-1794), les cuivres et les cloches sont réquisitionnés pour la guerre, notamment pour être notamment fondus en canons ou en monnaie. Les églises et établissements religieux se voient dépossédés de leur cloche. Il ne doit rester qu’une seule cloche par paroisse. Chaque district doit dresser un « état des cuivres et cloches ».

 

Visuel : manuscrit d’un discours prononcé par Catherine Paysan pour le baptême de la cloche « Marie de Campis » dans la chapelle de Saint-Jean d’Assé, 1994 (Archives départementales de la Sarthe, 108 J, fonds Catherine Paysan).

 

Voici la dernière page du manuscrit d’un discours prononcé par Catherine Paysan (1926-2020) pour le baptême de la cloche Marie de Campis dans la chapelle de Saint-Jean-d’Assé, le 4 septembre 1994.

Catherine Paysan conclut son discours ainsi : « Voilà ce que je voulais vous dire, chers amis, heureuse marraine que je suis aux côtés de son parrain Dominique Paturel [comédien] de la nouvelle cloche de la chapelle de Notre-Dame de Saint-Jean-d’Assé ».

À cette occasion, les noms de Catherine Paysan et de Dominique Paturel sont gravés sur des plaques de cuivre fixées sur le bélier de la cloche, c’est-à-dire de la poutre venant frapper contre l’extérieur de la cloche.

Amédée Bollée père présente les cinq cloches destinées à la cathédrale Saint-Louis de France de Montréal, photographie, cliché Bollée, 1905 (Archives départementales de la Sarthe, 105 J 6216).jpg état général des cuivres et des cloches, an II, affiche, Le Mans, Pivron imprimeur (Archives départementales de la Sarthe, 8 Fi 21).jpg manuscrit d’un discours prononcé par Catherine Paysan pour le baptême de la cloche « Marie de Campis » dans la chapelle de Saint-Jean d’Assé, 1994 (Archives départementales de la Sarthe, 108 J, fonds Catherine Paysan).jpg