Jean Bruce

photographie extraite de l’article « Jean Bruce », Ouest-France, numéro du mercredi 27 mars 1963 (Archives départementales de la Sarthe, Per 1070, mars 1963)..jpg

Publication du jeudi 25 mars 2021

   L’écrivain Jean Bruce (1921-1963), de son véritable nom Jean Brochet, est le père de l’agent secret Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117. Saviez-vous qu'il était é en Sarthe, dans la commune de Beauvoir ?

Découvrez aujourd’hui le parcours de Jean Bruce : une vie à grande vitesse, jalonnée par les succès d’édition et conclue par un destin tragique.

 

 

Visuel : photographie extraite de l’article « Jean Bruce », Ouest-France, numéro du mercredi 27 mars 1963 (Archives départementales de la Sarthe, Per 1070, mars 1963).

 

 Né le 22 mars 1921 à Beauvoir, au nord-est de la Sarthe (réunie à la commune d’Aillières en 1964), Jean Brochet est le fils d’un couple de restaurateurs et tenanciers d’un café-épicerie. Au cours de son enfance, il éprouve une véritable passion pour le sport, pratique le ski, l’équitation et obtient à Alençon un brevet de pilote d’avion à l’âge de 17 ans.                        

  Au cours de la seconde guerre mondiale, Jean Bruce entre dans la Résistance, dès 1942. Lors d’une opération, il rencontre une nuit de septembre 1944 un officier américain. Cet homme va servir de modèle pour le personnage d’Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117.

 En décembre 1962, Jean Bruce revient à Beauvoir pour célébrer les 75 ans de son père, dans l’ancien café-épicerie de ses parents.

 La photographie représente Jean Bruce posant devant une Jaguar. Toutes les plaques d’immatriculation des voitures de Jean Bruce comportaient le nombre 117, en l’honneur du héros qui lui a apporté la notoriété.


 

Visuel : « Le Fleuve Noir », article extrait de Mystère magazine, Opta éditeur, numéro 41, juin 1951 (coll. part.).

 

   Fondées en 1949 par Armand de Caro, Hector de Caro, Robert Bonhomme et Guy Krill, les éditions du Fleuve Noir parviennent rapidement à proposer aux lecteurs un imposant catalogue de romans policiers, d’espionnage et d’anticipation (terme plus ou moins équivalent à celui de science-fiction). De par leurs tirages et leur importante production, les deux auteurs phares de cette maison d’édition sont Jean Bruce et Frédéric Dard (1921-2000). Ce dernier publie dans cette maison d’édition sous différents pseudonymes : San-Antonio (le plus connu), Kaput, Frédéric Charles ou bien encore Frédérik Charles.

  L’article ci-joint, non signé, propose une courte biographie de Jean Bruce, vie aux multiples facettes et haut en couleurs : « Jean Bruce est un auteur prolifique puisque c’est lui qui a déjà signé la majeure partie de la " Série Espionnage " parue dans cette collection. C’est une curieuse figure. On sait de lui qu’il est né à Paris vers 1921 [sic], et qu’il a fait cent métiers : pilote d’avions, dessinateur, exportateur, joaillier, trafiquant d’armes, détective privé, représentant en moutarde… et d’autres, qu’il n’ose ou ne peut avouer. Il a publié son premier roman en 1949 et s’est immédiatement révélé d’une exceptionnelle fécondité. Sa spécialité est, sans conteste, l’espionnage ». 

  Le premier roman de Jean Bruce au Fleuve Noir, Tu parles d’une ingénue !, paraît en 1949. C’est dans ce roman qu’apparaît Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117.

  Pendant les trois premières années de son contrat avec son éditeur, au Fleuve Noir, il va jusqu’à écrire un roman par mois. À l’image d’autres auteurs de polars et de romans populaires, Jean Bruce cache une part de sa production derrière des pseudonymes. Pour en citer quelques-uns : Jean Alexandre (ses deux prénoms), Jean-Martin Rouan ou Joyce Lyndsay.

 


 

Visuel : extrait du catalogue des éditions Fleuve Noir au verso du livre de Serge Laforest, Danger public, 1953 (coll. part.)

 

   Cet extrait du catalogue du Fleuve Noir, édité au  verso d’un ouvrage paru en février 1953, offre un témoignage du rythme de production de Jean Bruce. Sur neuf titres de la « série Espionnage », Jean Bruce en signe six, sans compter les trois présents dans la « série Policière ».

    Il est intéressant d’observer les titres donnés à ces ouvrages, où l’argot et l’humour prennent souvent une place éminente : Un fromage pour une souris, Mes hommages à la donzelle. Les titres des romans d’espionnage sont plus concis : Alerte, Angoisse, Trahison.



Visuel : Jean Bruce, Saint-Exupéry, pilote légendaire, Presses de la Cité, 1953 (coll. part.).

 

     En marge des romans policiers et d’espionnage, Jean Bruce est également l’auteur d’une biographie de l’écrivain et pilote Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944). Celle-ci a paru en 1953 aux Presses de la Cité sous le titre, Saint-Exupéry, pilote légendaire.

    Auteur du Petit Prince et de Vol de Nuit, Antoine de Saint-Exupéry a vécu quelques années de sa jeunesse au Mans dans la maison familiale située rue du Clos-Margot, de 1909 à 1914. En octobre 1909, il fit sa rentrée en classe de 7e à l’école Notre-Dame de Sainte-Croix.



 

Visuel : « Au " Rex " dimanche où l’on projetait " OSS 117 n’est pas mort " Jean Bruce dédicaçait ses œuvres », article extrait de Ouest-France, numéro du 10 décembre 1957 (Archives départementales de la Sarthe, Per 1070, décembre 1957).

 

   Le 8 décembre 1957, Jean Bruce se rend dans un cinéma de Mamers, le Rex, à l’occasion de la projection du film OSS 117 n’est pas mort, réalisé par Jean Sacha (1912-1988) et tiré d’un de ses romans. L’acteur Ivan Desny (1922-2002) tient le rôle d’Hubert Bonisseur de la Bath.

  Dans une critique parue dans le numéro 62 de Mystère Magazine (mars 1953), Igor B. Maslowski ne tarit pas d’éloges au sujet du roman OSS 117 n’était pas mort : « Pour ses « débuts » aux Presses de la Cité, Bruce envoie Hubert Bonisseur de la Bath enquêter à Tanger sur la disparition d’un important document intéressant la défense nationale des USA. D’un intense suspense, écrit avec soin et sans le moindre effort visible, comme d’habitude, le roman possède également un côté d’humour à froid (la fin, notamment) dont l’auteur ne faisait que rarement preuve jusqu’à présent. Une œuvre de classe ».

 


 

Visuel : « L’écrivain Jean Bruce se tue en heurtant un camion », Ouest-France, numéro du mercredi 27 mars 1963 (Archives départementales de la Sarthe, Per 1070, mars 1963)

 

     Jean Bruce meurt le 26 mars 1963, au volant de sa Jaguar, dans un accident de la route à Luzarches (Val d’Oise), tandis qu’il quittait sa propriété de Cheverny pour se rendre au siège des Presses de la Cité, son éditeur.

 

    Né quatre ans avant James Bond, OSS 117 apparaît en 1949. Il est le héros de 88 romans signés de Jean Bruce. Son épouse Josette (1920-1996) poursuit la série, de 1966 à 1978, en écrivant plus de 100 romans. Par ailleurs, les deux enfants de Jean Bruce, François et Martine (nés en 1947) écrivent ensemble la série des Nouvelles aventures d’OSS 117.

 


« Le Fleuve Noir », article extrait de Mystère magazine, Opta éditeur, numéro 41, juin 1951 (coll. part.)..jpg extrait du catalogue des éditions Fleuve Noir au verso du livre de Serge Laforest, Danger public, 1953 (coll. part.).jpg Jean Bruce, Saint-Exupéry, pilote légendaire, Presses de la Cité, 1953 (coll. part.)..jpg Au Rex dimanche où l’on projetait OSS 117 n’est pas mort, Jean Bruce dédicaçait ses œuvres, article extrait de Ouest-France, numéro du 10 décembre 1957 (Archives départementales de la Sarthe, Per 1070, 1957)..jpg