Joseph Caillaux

Joseph Caillaux en 1925. Photographie pour la société du Petit Parisien, Dupuy et Cie (Archives départementales de la Sarthe, 5 Fi)

Publication du jeudi 24 septembre

Joseph Caillaux (1863-1944)

Découvrez aujourd’hui le portrait de Joseph Caillaux, dont la carrière politique s’est déroulée tant sur le plan départemental (président du Conseil général) que national (président du Conseil, ministre des Finances), à travers ces documents conservés aux Archives départementales de la Sarthe !

 

  Un élu local


   Fils d’Eugène Caillaux (voir la publication du 7 mai 2020), Joseph naît au Mans le 30 mars 1863. Licencié en droit, puis professeur à l’École libre des sciences politiques, il entre en tant qu’adjoint à l’inspection générale des finances.

Toutefois, à l’instar de son père, Joseph Caillaux choisit d’embrasser la carrière politique. Il est élu député en 1898 dans l’arrondissement de Mamers, mandat qu’il conserve jusqu’en 1919.

En 1914, l’assassinat de Gaston Calmette, directeur du Figaro, par son épouse, Henriette, le contraint à démission de ses mandats le 17 mars, au lendemain du meurtre. Henriette Caillaux est acquittée le 28 juillet 1914.


   Une carrière politique nationale

 

   La deuxième photographie représente Joseph Caillaux, ministre des Finances, et Louis Barthou (1862-1934), ministre des Travaux Publics, se rendant à l’inauguration du lycée de jeunes filles du Mans, le 12 mai 1907.

   L’activité politique de Joseph Caillaux s’exerce au-delà du territoire du département de la Sarthe. Il est président du Conseil de juin 1911 à janvier 1912, tout en étant ministre de l’Intérieur et des Cultes. Ministre des Finances (à plusieurs reprises, entre 1899 et 1926), il est l’instigateur de l’impôt sur le revenu, par le biais d’une loi proposée en 1907 et adoptée le 9 mars 1909 par la Chambre des députés.

 

    Président du Conseil général à deux reprises

 

   Joseph Caillaux préside le Conseil général de la Sarthe à deux reprises : de 1909 à 1918 et de 1925 à 1940.
Dans les dernières années de sa vie, Joseph Caillaux rédige ses Mémoires. Les deux premiers tomes sont publiés en 1942 et 1943. Un dernier paraît de manière posthume en 1947.

Joseph Caillaux s’éteint à Mamers le 21 novembre 1944, âgé de 81 ans. Georges Clemenceau (1841-1929), quoiqu’hostile à Caillaux, avait dit de lui : « Il avait une sorte d'allant, de courage, physiquement une élasticité qui me plaisait ».

 

 

   Un amateur de littérature

 

    Joseph Caillaux écrit au romancier, dramaturge et poète Édouard Dujardin (1861-1949) pour le féliciter de sa pièce Les époux d’Heur-le-Port, jouée pour la première fois en 1919: « je suis en admiration devant la beauté et l’élévation morale de votre œuvre. Croyez bien, cher Monsieur, à ma haute estime et à mon amitié dévouée ».

Édouard Dujardin est aujourd’hui connu pour être un précurseur du monologue intérieur au sein du roman, dans la nouvelle Les lauriers sont coupés, parue en 1888.

 

 

   La salle Joseph Caillaux à l'Hôtel du Département 

 

  La salle Joseph Caillaux à l’Hôtel du Département. Cette salle était, au temps de l’abbaye de la Couture, le réfectoire des moines. Elle a été utilisée jusqu’en 1976 pour les séances plénières du Conseil général.

   Aujourd’hui, la salle Joseph Caillaux accueille des séances de commissions du Conseil départemental, des réunions, parfois des conférences, concerts ou expositions.

Le Mans, visite des ministres Barthou et Caillaux, photographie, cliché Georges Jagot, 12 mai 1907 (Archives départementales de la Sarthe, 23 Fi 1216) carte de visite de Joseph Caillaux, sénateur de la Sarthe et Président du Conseil général, années 1920 (Archives départementales de la Sarthe, 1 J 1202) lettre de Joseph Caillaux adressée à l’écrivain Édouard Dujardin, 10 janvier 1924 (Archives départementales de la Sarthe, 1 J 1202) vue de la salle Caillaux à l’Hôtel du Département, photographie Département de la Sarthe, cliché Gildas Corouge, 2020.