Eugène Caillaux (1822-1896)

Portrait d’Eugène Caillaux, gravure de Poyet, Paul Dupont imprimeur, 1885 (Archives départementales de la Sarthe, 4 Fi 215)

Publication du 7 mai 2020

Découvrez Eugène Caillaux, président du Conseil général de la Sarthe entre 1877 et 1878, polytechnicien et ingénieur, dont le nom demeure associé au Tunnel du Mans et à la famille Bollée. 

 

Né en 1822 à Orléans, Alexandre-Eugène Caillaux fut élève de l’École polytechnique (en 1845, il termine 12e de sa promotion qui compte 118 élèves), puis de l’école des Ponts et chaussées. Il devient ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, à Laval et au Mans.

En 1862, il est nommé à Paris ingénieur en chef attaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
Eugène Caillaux est élu député de la Sarthe le 8 janvier 1871 et cesse à cette occasion ses fonctions d’ingénieur. Le 4 septembre 1871, il est à l’origine d’un projet de loi visant à créer un impôt sur les allumettes. Le maréchal Mac-Mahon, Président de la République, fait appel à Eugène Caillaux le 22 mai 1874 pour être ministre des Travaux publics, fonction qu’il exerce jusqu’en mars 1876. Après cette date, il se consacre à son mandat de sénateur de la Sarthe.
Eugène Caillaux est conseiller général du canton de Mamers de 1876 à 1882, président du Conseil général de la Sarthe entre 1877 et 1878, maire d’Yvré-l’Évêque de 1890 à 1896. Son intérêt pour l’industrie et le développement du chemin de fer le conduit à accepter le poste de président de la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée en 1891. Il meurt à Paris le 8 août 1896.
Son fils Joseph (1863-1944) exerce également une carrière politique, tant au plan national que local : président du Conseil (juin 1911-janvier 1912), ministre des Finances (à plusieurs reprises), président du Conseil général de la Sarthe (1909-1918).

 

  • Le Tunnel du Mans 

Eugène Caillaux, ministre des Finances de mai à novembre 1877, inaugure le 30 septembre 1877 le Tunnel du Mans dont la construction s’est échelonnée entre 1870 et 1877. À défaut de tunnel, il faudrait sans doute parler plutôt de tranchée ou de percée.
L’objectif de ce « tunnel » est de relier le quartier des Jacobins aux bords de la Sarthe. Le 14 novembre 1865, la ville du Mans confie à l’ingénieur Eugène Caillaux une étude pour élaborer un ouvrage architectural à cet effet. Les travaux, débutés en 1870, subissent un coup d’arrêt à cause de la guerre franco-prussienne et ne reprennent qu’en 1873. Eugène Caillaux est alors écarté du projet, le maire du Mans Anselme Rubillard confiant la suite des opérations aux ingénieurs Thoré et Ricour.



  • L’Obéissante, inventée par Amédée Bollée père (1844-1917)

Il s’agit du premier véhicule automobile à rouler sur la voie publique. Pour que ce véhicule puisse circuler et traverser les différents départements, Amédée Bollée père doit obtenir l’accord préalable du préfet de chaque département.
Dans une lettre datée du 28 août 1875, Amédée Bollée père annonce à Alfred Dalifol (avec lequel il noue un partenariat pour la commercialisation de ses véhicules à vapeurs) l’accord donné par le ministre des Travaux publics Eugène Caillaux : « Après avoir parcouru 12 à 15 kilomètres dans les différentes rues de notre ville, après nous avoir fait passer dans les endroits les plus difficiles, le ministre a manifesté son contentement à différentes reprises et nous a promis l’autorisation sous trois jours, en effet elle nous arrivait sous trois jours ».

Le Mans : le tunnel, à la fin des  travaux, avant la démolition du pont Yssoir, photographie, cliché anonyme, 1877 (Archives départementales de la Sarthe, 5 Fi 11) Plan de L’Obéissante par Amédée Bollée père, 1873 (Archives départementales de la Sarthe, 105 J 141)