Le partage de la généralité de Tours

Carte de la généralité de Tours divisée en ses seize élections réalisée par Hubert Jaillot, géographe ordinaire du roi, 1711 (Archives départementales de la Sarthe, 1 Fi 26)

Publication du 30 avril 2020

 

              Évocation aujourd’hui de la création du département de la Sarthe, né ainsi que la Mayenne, le Maine-et-Loire et l’Indre-et-Loire de la division de la généralité de Tours.     

 

     Les généralités, dont celle de Tours, sont créées par l’édit de Cognac le 7 décembre 1542. Ces circonscriptions ont à l’origine un but fiscal : elles sont le cadre de la collecte des impôts directs et indirects. Leur rôle se renforce ensuite et elles deviennent le cadre de l’administration royale. A leur tête, se trouve l’intendant.

 

  • La généralité de Tours regroupe trois provinces distinctes – le Maine, l’Anjou et la Touraine – et comprend seize élections.

     La carte présentée ici a été réalisée en 1711 par Alexis-Hubert Jaillot (1632-1712), à la fois imprimeur, cartographe et géographe ordinaire du roi. Alexis-Hubert Jaillot figure, aux côtés des familles (dynasties, pourrait-on dire) Cassini et Samson, parmi les plus importants représentants de la géographie française au XVIIIe siècle.

     Cette carte est dédiée à Jacques Estienne Turgot (1670-1722), intendant de la généralité de Tours. Elle montre la complexité du maillage administratif en vigueur à l’époque. Sur les seize élections, la carte ne comporte dans leur intégralité que les élections du Mans, Château-du-Loir, La Flèche, Château-Gontier, Laval et Mayenne. Pour ajouter à la complexité de l’ensemble, certaines communautés du Maine dépendent de la généralité d’Orléans (Melleray et Montmirail, par exemple) ou d’Alençon (Mortagne).

 

 

  • En 1789, le partage de la généralité de Tours donne naissance à quatre départements : Sarthe, Maine-et-Loire, Mayenne et Indre-et-Loire.


       L’Assemblée nationale constituante, par la loi du 22 décembre 1789, décide d’instaurer la division de la France en 83 départements.  

   Présenté ci-contre, le procès-verbal de la division de la généralité de Tours mentionne le département « du Mans », avant que celui-ci ne soit très vite baptisé département de la Sarthe. Ce document rend compte de « la démarcation et fixation dudit département », c’est-à-dire de ses limites géographiques par rapport aux départements voisins.

 
Procès-verbal de la division des trois provinces de la généralité de Tours en quatre départements, 1789 (Archives départementales de la Sarthe, L 28)